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01 avril 2022
Hanna Schmidt

Hanna Schmidt

Rédactrice


Les anti-inflammatoires, ça marche comment ?

Utilisés afin de réduire les douleurs inflammatoires, les anti-inflammatoires font partie des médicaments les plus consommés au monde. Comment fonctionnent-ils ? Dans quels cas les utiliser ? Comment les prendre sans risques ? On fait le point dans cet article !

L’inflammation : une réaction naturelle de notre corps

Pour comprendre le mode de fonctionnement des anti-inflammatoires, il convient de présenter les mécanismes de l'inflammation. L’inflammation est une réaction naturelle du corps face à une agression, telle qu’une infection ou une lésion, qui permet l’élimination des agresseurs et qui assure la réparation des tissus lésés.

L’inflammation se caractérise par les symptômes clés suivants : la douleur, la rougeur, la chaleur et le gonflement. Voici les étapes clés d’une inflammation, dans le cas d’une coupure de doigts par exemple : 

  • Le corps est agressé et subit une lésion au niveau de la peau
  • Des détecteurs vont envoyer un signal de douleur vers le cerveau
  • Des globules blancs sont sollicités sur la zone. Ces derniers produisent des molécules qui favorisent la vasodilatation (d’où le gonflement !)
  • La vasodilatation permet à d’autres cellules d’accéder plus facilement à la zone afin de combattre l'agression
  • Les éléments étrangers sont éliminés par phagocytose (ingestion par les cellules des agents pathogènes)
  • La cicatrisation se met en place, la zone est guérie.
reaction inflammatoire étapes

Les anti-inflammatoires : des médicaments puissants qui permettent de soulager les douleurs inflammatoires

Bien qu’il s’agisse d’un processus naturel et en général bénéfique pour le corps, l’inflammation peut parfois s'avérer très douloureuse, et dans ce cas, le recours à des médicaments peut être nécessaire pour soulager l’inconfort. Les médicaments qui agissent spécifiquement sur ce type de douleurs sont les anti-inflammatoires. Utilisés pour des maux de tête ou de dents, en cas de fièvre ou encore de règles douloureuses, les anti-inflammatoires font partie des médicaments les plus consommés au monde.

Lors des étapes de l’inflammation, les globules blancs libèrent des molécules favorisant l’inflammation : des prostaglandines. C’est justement sur ce type de molécules que les anti-inflammatoires vont notamment agir, en réduisant leur production, et donc l’inflammation.

Les anti-inflammatoires sont des médicaments symptomatiques : cela signifie qu'ils ne soignent pas la cause de l’inflammation : ils réduisent seulement ses  symptômes.

Il existe deux catégories d'anti-inflammatoires : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ainsi que les anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS, ou encore "corticoïdes"). Leur principale différence : certains sont dérivés d’hormones, d’autres non. 

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Les AINS sont des anti-inflammatoires qui agissent contre la douleur, la fièvre ainsi que l’inflammation. Ils agissent sur les hormones sécrétées lors de l'inflammation (hormones stéroïdes), notamment en bloquant la formation de prostaglandines. Les AINS ont aussi la capacité de fluidifier le sang, et sont donc utilisés dans le cas de maladie artérielle.

Les anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS, ou corticoïdes)

Les AIS, quant à eux, sont dérivés du cortisol et de la cortisone, et ont un effet plus puissant. Ils miment l’effet du cortisol et de l’aldostérone, qui ont une fonction naturelle de réduction d’inflammation dans le corps. Plus puissants que les AINS (les corticoïdes agissent plus tôt que les AINS dans la chaîne de l’inflammation),  ils sont d'ailleurs souvent utilisés contre les allergies, ou encore pour des douleurs plus sévères telles que les hernies discales et les crises de sciatiques. 

Quelles précautions dans l’utilisation d’AINS ?

Les AINS se consomment lors d’un repas

Les prostaglandines permettent de limiter les sécrétions acides de l’estomac, en le tapissant d’un mucus protecteur. En bloquant cet effet, les AINS altèrent la protection de l’estomac, et peuvent provoquer des lésions ou des plaies digestives (ulcères). C’est pourquoi il est recommandé de prendre les AINS lors d’un repas !”, explique Dr. Iris Pujade, pharmacienne de formation hospitalière.

Espacer les prises de 4 à 6 heures

Après une prise d’ibuprofène,  l’effet maximal se produira seulement 1h30. Après 4 heures,  l’organisme n’aura pas encore éliminé tout le médicament. C’est pourquoi il faut bien attendre 4 à 6h avant d’en reprendre un. “Tout est question de dose”, explique Dr. Pujade. “Il existe un seuil minimal et un seuil maximum d’efficacité des AINS. Cela ne sert à rien de prendre trop d’ibuprofène d’un coup : si la dose maximale est dépassée, le médicament ne sera pas beaucoup plus efficace. En plus, cela augmente le risque d’effets indésirables.”

Contre-indications 

Femmes enceintes :  les AINS sont globalement à éviter tout au long de la grossesse, et sont particulièrement contre-indiqués à partir du 6e mois de grossesse. En effet, ils agissent sur les prostaglandines, impliquées dans les contractions de l’utérus.

Personnes âgées à risque de déshydratation : les prostaglandines permettent de favoriser les flux d’eau dans les reins. Les AINS sont donc à utiliser avec précaution chez les personnes âgées à risque de déshydratation. 

Cas d’infections :  les AINS sont à éviter dans le cas  d’infections bactériennes ou virales (varicelle, angines etc.) car ils abaissent la production de certaines cellules du système immunitaire.

Effets indésirables : les effets indésirables pouvant survenir lors de la prise d'AINS sont notamment l'acidité gastrique, les lésions digestives, le risque de saignements digestifs et l'anémie.

... et pour les corticoïdes ?

Les corticoïdes sont délivrés sur prescription médicale, il est donc important de suivre les recommandations de votre médecin et les conseils de votre pharmacien. Lors d’une utilisation court terme, les corticoïdes s’utilisent principalement le matin dans le cas d’inflammations, puisqu’ils agissent sur des hormones présentant un pic de production le matin (cortisol). Sur le long terme (maladie de type rhumatisme), on favorisera une utilisation le soir. “Au-delà de trois semaines de traitement, il est recommandé de diminuer les doses de manière progressive avec des paliers. Un arrêt brutal peut en effet entraîner une insuffisance surrénale  aiguë et des risques pour votre santé.” ajoute le Dr. Pujade.

Principales contre-indications :

Les corticoïdes sont contre-indiqués en cas d'infection (virale ou bactérienne) et d'ulcère gastro-duodénal. Ils sont aussi contre-indiqués deux semaines avant une chirurgie, et à éviter pour les sportifs : la cortisone et les corticoïdes induisent une réaction positive aux tests anti-dopage. 

Quels effets indésirables ?

Sur le long terme, l’un des effets indésirables des corticoïdes est celui d’abaisser les fonctions du système immunitaire en cas d’infections. Sur le court terme, il agit sur la capacité du corps à réagir au stress (excitabilité, insomnie, tremblements).

Les corticoïdes sont délivrés sur prescription médicale, il est donc important de suivre les recommandations de votre médecin et les conseils de votre pharmacien.

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