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15 juin 2023
Hanna

Hanna

Rédactrice santé


Oxycodone : une augmentation inquiétante du recours à cet opioïde en Nouvelle-Aquitaine

Le centre de pharmacovigilance de Nouvelle-Aquitaine a récemment alerté l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l'Agence régionale de santé (ARS) sur l’oxycodone, un antalgique dont la consommation augmente, en particulier sur la région. Comment fonctionne cet opioïde ? Quels sont les risques associés à sa consommation ? On vous explique tout !

L’oxycodone : c’est quoi ? 

L'oxycodone est un opioïde synthétique utilisé pour soulager les douleurs modérées à sévères. Dérivés de l'opium (une substance naturelle extraite du pavot à opium), les opioïdes agissent en se liant à des récepteurs spécifiques qui induisent une réduction de la sensation de douleur. Ces derniers peuvent être très efficaces pour soulager des douleurs intenses, comme celles qui surviennent après une intervention chirurgicale majeure ou en cas de blessures graves. Ils peuvent également être utilisés pour traiter des douleurs chroniques, c'est-à-dire des douleurs qui durent longtemps.

À l'origine développée en Allemagne dans les années 1910, l'oxycodone est aujourd'hui commercialisée sous différentes formes, y compris sous forme de comprimés à libération immédiate ou prolongée. C’est un médicament qui peut être pris uniquement sous ordonnance.

Quels risques pour la santé ? 

Les opioïdes peuvent avoir des effets indésirables importants, tels que la somnolence, la constipation ainsi que des nausées. Mais l’aspect le plus dangereux dans leur consommation est qu’ils peuvent créer une pharmacodépendance lorsqu’ils sont utilisés de manière prolongée et à des doses élevées. Lors d’une dépendance, votre corps s'habitue à la substance au point d’en avoir besoin pour fonctionner normalement. Cela signifie que si vous arrêtez brusquement d'en prendre, vous pouvez ressentir des symptômes de sevrage désagréables, tels que des frissons, des douleurs musculaires, de l'anxiété et des troubles du sommeil. Une dépendance aux opioïdes peut ainsi avoir des conséquences graves sur la santé, la vie sociale, et entraîner une diminution globale de la qualité de vie.

Au cours des dernières décennies, une augmentation massive de l'utilisation d'opioïdes, et en particulier de l'oxycodone, a été observée aux États-Unis. Les conséquences de cette consommation importante en ont été si dévastatrices pour la santé publique, que la situation a été qualifiée de crise nationale.

En cause ? Une surprescription d’opioïdes à des doses élevées pour soulager la douleur post-opératoire ou traumatique, ainsi qu’un manque d’évaluation des risques potentiels de dépendance et de mauvais usage. Aux Etats-Unis, la crise d’opioïdes a ainsi provoqué le décès de plus de 500 000 personnes, dont plus de 100 000 pour la seule année 2021.

Une augmentation inquiétante d’oxycodone identifiée en Nouvelle-Aquitaine

Le centre de pharmacovigilance de Nouvelle-Aquitaine a récemment alerté l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’agence régionale de santé (ARS) sur l’augmentation importante de la consommation d’oxycodone. Les nouvelles données montrent en effet qu’entre 2017 et 2021, la prescription de cet opioïde a augmenté de 25%, en particulier en Nouvelle-Aquitaine. En Bretagne, c’est une consommation 4 fois plus importante que la moyenne nationale qui est observée.

La Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT) alerte cette augmentation inquiétante et rappelle que la morphine reste à ce jour l’antalgique de palier 3 à privilégier. “En effet, l’oxycodone possède une action dopaminergique plus importante et durable que la morphine, ce qui pourrait être associée à un profil plus addictogène. De plus, elle est susceptible de donner des interactions médicamenteuses, et présenterait plus de risque de troubles du rythme cardiaque que la morphine.” souligne la SFPT. Pour les pharmacologues, l’oxycodone ne devrait donc être prescrite qu’en deuxième intention.

Rappel de la SFPT :

L'oxycodone et la morphine ont des effets indésirables similaires, principalement liés à la classe des opioïdes. Les effets indésirables courants comprennent la détresse respiratoire en cas de surdosage et une constipation fréquente. À ce jour, aucune étude n'a montré de différence dans la fréquence de la constipation entre la morphine et l'oxycodone. En cas d'insuffisance rénale ou hépatique, les précautions d'utilisation de l'oxycodone et de la morphine sont similaires, ce qui implique une adaptation de la posologie et une surveillance clinico-biologique.

L’ARS indique que des « investigations complémentaires » et un « plan d’action adapté » sont en cours de réflexion avec les acteurs régionaux, sur ce sujet.

Sources : SFPT, HAS

Ce contenu a été validé par l'équipe médicale de Synapse Medicine, l'entreprise qui développe Goodmed. Cependant, il ne substitue en aucun cas un avis médical. Si vous avez un doute sur un traitement ou certains symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien.

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